Bilan après 7 mois de périple, by Sandra

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Le 1er mars 2013 nous nous envolions pour le Brésil,  première étape de notre tour du monde.  Aujourd’hui cela fait plus de 7 mois que l’on porte notre sac sur le dos à travers plusieurs continents.  Je ressens l’envie de partager avec vous un premier bilan personnel sur cette aventure et quelques conseils.

1. Je suis une voyageuse, pas une touriste

Partir un an en voyage ce n’est pas si facile même si c’est que les gens pensent la plupart du temps.  Nous entendons souvent la même remarque: “vous êtes en vacances quelle chance! ” Il est vrai que nous n’avons pas la pression de notre supérieur constamment, ni le métro à prendre chaque matin,  mais à défaut nous n’avons pas notre petit nid douillet où nous reposer le soir. Au tout début je ne pensais pas trop à notre ancien appartement, récemment partie, on essaie plutôt de s’acclimater, et l’arrivée à Rio avec 35 degrés à été plutôt difficile. Puis on prend vite le pli et notre routine se résume assez vite à trouver un hébergement, chercher à manger et quel moyen de transport utiliser pour quelle destination.

J’ai très vite réalisé que cela ne servait à rien de vouloir tout voir en un minimum de temps.  Au final on loupe le plus intéressant : la rencontre avec les locaux. C’est ceci qui nous différencie des touristes qui eux souhaitent rentabiliser leurs vacances en essayant de tout visiter. Et si je peux l’écrire c’est parce que je l’ai été moi même.
Après 7 mois de vadrouille,  je peux nous appeler voyageurs. Les heures passées dans des bus en Amérique du Sud sont nombreuses, et la ceinture de sécurité est souvent en option .  Nous devons parfois partager des dortoirs où la propreté est un bien grand mot.
Très vite nous avons appris que cela ne sert à rien de courir et qu’on s’épuise vite. Rencontrer des locaux à chaque étape est une chose qui nous tient à coeur, pouvoir apprendre sur la culture locale, échanger et parfois garder contact.  Nous avons fait de très belles rencontres jusqu’à présent et j’espère que cela continuera en Asie malgré la barrière de la langue.
C’est pour cela que nous avons décidé de rester un mois supplémentaire en Amérique du Sud afin de prendre le temps et sauter l’Australie.

2. Qu’est-ce qui me manque le plus ?

  • Sans aucun doute le fromage :) Vous allez dire que je parle tout de suite de nourriture avant même la famille ahah. Le voyageur est très sensible à ça, et on se rattache très souvent à des petites choses. Malgré des essais qui se sont avérés bien médiocres, aujourd’hui je peux dire que la France produit de très bons fromages (même si je n’en doutais pas), surtout le Saint Nectaire et le Cantal. Avec Romain, nous aimons partager une douceur le soir après le repas le plus souvent possible. Nous avions pris l’habitude de le faire à Londres. Dans certains pays nous y arrivons (je pense tout de suite aux succulents chocolats de l’Equateur) mais ce n’est pas tout le temps évident (ex: Cuba)
  • Papoter avec les amis à n’importe quel moment. Le décalage horaire varie de pays en pays. Il faut toujours calculer l’heure en France et proposer des rendez vous téléphoniques. Ce n’est pas toujours évident.  Nous n’avons pas d’horaires fixes, ne connaissons pas à l’avance si l’auberge aura une bonne connexion internet.  Je m’y suis habituée mais j’ai parfois des moments de frustrations. Il y a toujours les emails, mais les échanges restent dans la plupart des cas brefs. Je reste patiente, qualité essentielle pour tout voyageur.
  • Pouvoir échanger avec mon associé sur la création du bar.  La plupart d’entre vous le savent mais pour ceux qui l’ignorent encore, j’ai décidé d’investir dans une franchise à Clermont avec mon meilleur ami. C’est un bar à bières, qui se nomme Au fût et à mesure. Il n’est pas encore ouvert mais il le sera au début de l’année prochaine et ces mois-ci sont les plus déterminants. On communique souvent par Skype mais j’aimerais être plus présente.
  • Assister aux événements heureux comme malheureux :  le mariage de ma cousine, le décès de mon grand-père. J’aurais aimé pouvoir être présente, soutenir mes proches.  Apprendre certaines nouvelles à distance, après plusieurs mois sans repères ce n’est pas évident. Je m’y étais préparée mais dans la réalité c’est toujours plus dur.

3. Voyager à deux ne vous isole pas des autres

Avant de partir Romain et moi nous posions la question si voyager en couple nous empêcherait de rencontrer des locaux.   Sociables de nature, il a été naturellement facile d’engager la conversation.  Je suis partie avec un avantage, celui de parler couramment espagnol contrairement à Romain. Il ne s’est pas laissé faire et, après quelques semaines, parlait déjà très bien (même s’il vous dira le contraire). En Asie nous sommes maintenant à égalité ;-)

4. Et côté budget ?

Je dois dire que je suis assez fière de nous car aujourd’hui, et ce malgré le vol de mon sac à dos, nous arrivons très bien à gérer notre budget et ne l’avons pas dépassé. Je dois remercier Romain qui a créé un fichier excel très simple d’utilisation et agréable à lire qui nous permet de suivre de façon très précise nos dépenses journalières, par pays/catégorie etc. Grâce à ce fichier, nous savons quand est-ce que nous devons nous serrer la ceinture, ou au contraire nous faire plaisir.  Je pensais que ce serait laborieux de devoir noter chaque dépense, mais c’est en fait très rapide et surtout très utile pour savoir où l’on en est.

5. Voyager léger

J’ai suivi les précieux conseils de ma cousine lors de l’achat de mon sac à dos. Privilégier son dos et par conséquent opter pour un petit sac à dos. J’ai choisi un 45 +10L, Romain un 65 +10L. Par conséquent je n’ai pas emporté de vêtements inutiles qui au début peuvent être sympa d’avoir pour ne pas être toujours habillé de la même façon sur les photos mais qui à la longue vous abîment le dos.
Les amis nous font remarquer que l’on est toujours habillé de la même manière, mais on n’y attache peut d’importance.  Le matériel perd très vite son importance. Je suis souvent tentée d’acheter des petits souvenirs, car chaque pays a son artisanat mais j’ai appris à résister.  Les photos sont nos seuls souvenirs et grâce à elles nous pouvons les partager.

6. Et notre couple ?

Peut-être vous demander vous si après 7 mois de voyage 24h/24h on arrive toujours à se supporter, sans trop de surprise oui on y arrive et je dirais même avec succès. On a trouvé notre rythme au fur et à mesure, avons la même manière de voyager et à peu près les mêmes attentes. Nous avons chacun nos petits passe temps et quand nous en ressentons le besoin chacun vaque à ses activités personnelles. Il faut savoir être patient et prendre sur soi. Nos nerfs sont parfois mis à rude épreuve, on s’engueule plus souvent mais ça me dure généralement jamais longtemps.  Le blog est un sujet parfois sensible.  Vous l’avez sans doute remarqué que j’écrivais moins d’articles que Romain, je privilégie mon carnet de voyage que je tiens au jour le jour. Il est très pointilleux, moi moins,  d’où les étincelles.

J’aurais beaucoup d’autres choses à vous dire, mais j’en garde aussi pour le retour. Une chose est sûre je ne m’en lasse pas.

A bientôt….la Nouvelle-Zélande arrive.

7 Responses

  1. romdafrog says:

    Et pour reprendre un blogueur américain (http://spartantraveler.com/20-things-i-learned-travelling-around-the-world/), un tour du monde vous apprend plus que n’importe quelle autre leçon – sur la vie, le bonheur, et vous-même.
    L’accueil que l’on reçoit dans chaque pays fait aussi réfléchir à celui que nous donnerons à nos prochains hôtes – nous les français et notre mauvaise réputation …

    Enfin, je terminerais en ajoutant qu’une bonne baguette accompagnerait bien le St Nectaire, vos dons sont les bienvenus.

  2. Un beau bilan à mi parcours, bilan positif! Cela n’a rien de très surprenant mais c’est toujours important de prendre le temps de se le dire…et de le partager De longs moi loin de nous tous, mais une expérience extraordinaire, inoubliable. Ceux qui vous suivent de près comme moi par le blog ou skype vivent ce voyage par procuration, au rythme des rencontres, des découvertes, des paysages..;continuez!! les Mamourz sont suivis!! Voyager c’est se remettre en question, apprendre sur soi et sur l’Autre ( et sur son Mamour aussi!), un enrichissement incomparable pour toute une vie. Hâte de vous retrouver, égoïstement, de vous avoir à mes côtés pour les prochaines étapes du projet de bar, mais heureux de vous voir heureux. Le Fût s’ouvrira en votre présence, car j’ai besoin de vous! Une nouvelle étape de notre vie nous attend chère associée! A très vite et, encore une fois, prenez soin de vous! Fiston

  3. ken aki says:

    ça fait plaisir de lire votre ressenti après plusieurs mois… bravo, beaucoup en rêvent mais très peu d’entre nous oseront le faire ! de gros bisous
    Ken Aki

  4. Sophie says:

    Sandra, merci pour ce bilan, fantastique! Une aventure incroyable, je me rejouis a chaque fois de lire vos update. Continue a nous faire rever! Plein de bizzz.
    Sophie

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