C’est pas le Pérou ? Si, ca y est !

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L’heure n’est pas encore aux bilans, même si chaque sortie de pays nous fait réfléchir à ce que nous y avons vécu: un soupçon de culture, une rasade d’expériences et une tartine de gastronomie. On aurait pû passer plus de temps en Bolivie, mais on commence à accumuler les retards: rencontres imprévues, rythme plus cool, c’est que le slow-travel a du bon.


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C’est donc avec un bon mois de décalage sur l’itinéraire initial que nous passons la frontière Boliviano-Péruvienne, direction Puno (sur le lac Titicaca) puis Arequipa
Les péruviens disent que le lac Titicaca est partagé sur deux pays: “Titi” pour le Pérou, et “Caca” pour la Bolivie… Pourtant, la ville de Puno (Pérou) est loin des charmes de Copacabana; et vous conviendrez qu’il est difficile de surclasser le lever du soleil sur Isla del Sol (voir le billet sur le sujet, pour les retardataires).

Retour vers le futur

La réserve Salinas y Aguada Blanca, sur la route entre le Titicaca et Arequipa

Bolivianos changés, Nuevo Sol en poche, nous arrivons à “basse altitude” à Arequipa, deuxième ville du pays reconnue pour “l’exemplarité de son architecture coloniale”, comme dirait l’Unesco.

Si ces espagnols n’ont pas été fichus de construire des cités résistantes aux forts séismes de la région [a contrario des Incas], il faut quand même reconnaître que style & raffinement des constructions post Colombus sont un vrai régal pour les yeux. Ce qui marque, c’est les petits détails que l’on prend pour acquis dans nos contrées plus dévelopées : routes pavées,  eau véridiquement potable et cables électriques enterrés. On a littéralement fait un bond de 20 ans en avant, voire un saut en Europe: notre bon pote Internet s’est enfin dévergondé !

Vers le mirador de Yanahuara
El Misti, le volcan qui décore la ville
Premiers pas dans la ville, premières vues de l'architecture coloniale
Plaza de Armas - Manifestations (un dimanche?!)
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le pont sur le Rio Chili, qui mène à Yanahuara (un quartier bobo sur les hauteurs)
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Vous n’imaginez pas comme le fait de retrouver un peu de modernité – et de confort – fait du bien.
Depuis notre Hostal “Mochileros”, difficile de dire qu’on est en Amérique du Sud (à part pour le papier WC, qui finit toujours à la poubelle): Salon avec billard, cuisine équipée, courses en supermarché (parfois un plus pour l’hygiène) – on s’est amusé pendant 5 jours à vivre comme à la maison, à regarder les qualifications du mondial de foot, et même Roland Garros en direct à 6h du matin.

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El Misti, le volcan qui décore la ville

Alpaca - style !
Corida ?
Vers le mirador de Yanahuara
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Rocoto Relleno
Plaza de l'artisanat

 On a pas non plus manqué la traditionnelle visite au Mercado Central, qui en dit long sur les habitudes alimentaires locales. A peu près deux fois plus cher qu’en Bolivie, toujours pas d’hygiène (viande à l’air libre) mais de belles spécialités, comme un “Maca Especial”: Jus naturel chaud, avec du citron, du miel et une céréale très consommée dans le pays (le Maca).

Mercado central, une étape obligatoire
André Agassi recharge les batteries

Premiers contacts, premières claques

Les images qui vont suivre reflètent nos expériences:

Pinga de Mono, piment et violent

Violente (pour le piment – je retiendrais qu’il ne faut jamais manger cru ce que tu ne connais pas) et “musicale”.

Pour ceux qui se posent la question, non, il n’y a pas de groupes de chanteurs Péruviens armés de leur flûtes de pan et de CDs bons marchés dans les rues commerçantes d’Arequipa. Ouf.

En ce beau samedi de balade à pied, nous passions par le centre et ses édifices pour visiter. Se trouve devant nous le théâtre municipal, et une longue file d’attente pour rentrer.

“Pourquoi ne pas y faire un crochet, et y voir le programme”, dis-je. Ca changera de Patrick Sébastien pour le samedi soir…

Sauf qu’il est à peine 15H. L’agent de sécurité m’interpelle à l’entrée, puis m’envoie, escorté, vers la salle principale. On m’explique que c’est gratuit, je réponds que je ne parlerais qu’en présence de Sandra. L’escorte appelle l’agent, l’agent appellle “La Novia! La novia!” dans la rue, principale artère commerçante de la ville. Sous un mélange de rires et de huées (nous sautons allègrement les 45 minutes de file), Sandra me rejoint et nous entrons finalement, toujours sous escorte, dans la salle de théâtre.

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Bref, on était dans une émission de Télé réalité.

Copyright Endemol

Appelé “Peru tiene talento” en V.O, originellement connue sous le nom de “America’s got talent” aux US , “Britain’s got talent” au Royaume-Uni ou encore “Incroyable talent” en France. Le format est le même: des locaux passent sur scènes et sous la moulinette de quatre juges (des célébrités de second plan) qui valident ou pas la performance.

Un phénomène populaire

On a quand même eu un peu de mal à comprendre comment la sécurité a pu laisser passer deux gringos habillés en voyageurs; probablement pour (dé)colorer l’assistance qui étaient filmé sous toutes les coutûres. Après une heure de “chauffe”, une autre heure d’attente du jury, les premiers groupes entent en scène dans un show rigoureusement millimétré (avec clappeur, chauffeur de salle, et musique Pop-Internationale à fond).

Enfin, rigoureusement, c’est ce qu’on croyait…

Le jury est composé de deux hommes et deux femmes – une bimbo brunette et une femme d’âge mûr péroxydée, qui ferait passer Jane Fonda pour naturelle. Chacun a son bouton “Croix” pour dégager vertement quiconque ne ferait pas l’affaire. C’est à dire… tout le monde.

Tour de chauffe, les gamins s'amusent

Après quatre heures de ridicule, entre danse désynchronisée ou chant disgracieux, de la chanson Péruvienne jusqu’au Raggaeton foireux, on commençait sérieusement à saturer et à douter que Peru tiene talento…
Même le seul vrai chanteur potable, un jeune handicapé, ne collait pas “à ce que recherchait les juges”. Enfin, ça, c’est quand ces derniers arrivent à presser sur le Buzzer – oh qu’elle était drôle, la panne du bouton !

Débute alors la déconnade avec notre voisin Péruvien, jusqu’au point de rupture (après 5 heures d’enregistrement !) quand nous avons profité d’une désertion massive pour sortir. La production retenait presque les gens dans la salle pour ne pas affecter l’image !

Bref, une sacrée tranche de rigolade, bien qu’un peu longue – on ira décompresser avec notre voisin Michel dans un Pub-Club branché de la ville, et qui nous offrira même le restau.

Michel, le médecin-miracle
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Macchu Picchu, Pina Colada, Mojito : Best of Latin America

Médecin, il est sympathique, un brin mytho (“j’ai curé trois cas de SIDA”) et surtout en chasse pour la femme parfaite. Malheureusement, les locales sont “très famille” et vivent chez leur père jusqu’au mariage – ainsi est la vie dans une des villes les plus catho, et droitiste du pays.

Pour le reste, c’est de loin la plus belle ville que j’ai vu en Amérique du Sud, et la plus vivable (loin des monstrueuses villes polluées comme La Paz, Santiago ou Buenos Aires). La Plaza de Armas est magnifique, et le climat agréable l’on fait surnommer “la ville du Printemps éternel”. A vous de juger.

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Bref, on clôture Arequipa sous le signe de la relaxation, de la bière locale et de rencontres sympathiques (Claudio & Irene, chilien et espagnole).
Restez branchés, la prochaine étape, c’est Cusco et le légendaire Macchu Picchu…

PS: Contrairement à ce qui est écrit ci-dessus par pur sens de provocation,  je vous confirme que le Pérou a du talent. Artistes de rues, joueurs de zampona et de Charango – ils ne manquent pas, mais ne se sont juste pas pointés au casting ;)

2 Responses

    • Romain says:

      Bravo Claire,pour ce premier commentaire sur le blog tu as gagné un prix spécial..surprise dans un mois ;)

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