Le long des Andes et de la mythique cordillère Blanche

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Sur la route du Nord, nous nous sommes arrêtés à Huaraz, au centre d’une région réputée pour ses excellent(issimes) trekkings: La Cordillera Blanca.

 

Région d'Ancash, au Pérou: ca grimpe

Au nord de Huaraz, c’est le Parque Nacional Huascaran, et ses incroyables lagunes, pics à plus de 5000 mètres – qui dresse un panorama dramatique et enneigé dans la vallée.

Au sud, c’est la Cordillera Huayhuash, que l’on voit un peu sur notre carte touristique. On y vient notamment pour un trek éponyme de dix jours – réputé très physique et paraît-il presque aussi scénique que la chaîne de l’Anapurna, au Népal.

Au centre, c’est Huaraz: circulez, rien à voir – la ville ne mérite pas une ligne d’écriture, sauf peut-être pour vous recommander l’hôtel Akilpo où nous sommes restés.

Après le vol, nouvelles lunettes: test à Huaraz (3500m)la terasse de l'hotel Alkilpo, plutôt coolJour de fête traditionnelle dans le moche centre de Huaraz

On n’a jamais autant marché que depuis le 1er mars, mais souvent pour des circuits se faisant sur la journée seulement. Ce pour plusieurs raisons: les sacs pèsent lourd (quasiment 15+3 kg chacun), et il nous manque le nécessaire de camping (tente, matelas, réchaud…). Sans compter qu’il nous faut aussi décharger une partie du matériel qui n’est pas nécessaire, et donc trouver un lieu où laisser les affaires.

Heureusement, on peut trouver à chaque coin de rue à Huaraz des locations accessibles – pour 30 soles (8.2€), notre hôtel nous a loué l’essentiel, incluant notamment des sacs de couchage “pro” descendant jusqu’à … -20°. Les billets pour Cuba et la Nouvelle-Zélande étant pris, notre temps est désormais compté: On optera pour un circuit de deux jours.

La Laguna 69

Je vois les plus téméraires esquisser un sourire, mais ne cherchez pas, personne ne sait vraiment d’où vient le nom; Possible que quelqu’un ait compté le nombres de lagunes.

Sur les conseils de l’hôtel et grâce à la force (Téléphone gps avec Google Earth), nous ferons une variation sur le circuit normal (qui se fait en principe en une seule journée). Tous les chemins mènent à la lagune, qu’ils disaient…


View Trekking Huascarán – Laguna 69 in a larger map

Le réveil est matinal (5H). Le premier bus est ponctuel, jusqu’à Yungay. Le deuxième n’est pas là. Sur les explications d’une Colombienne un peu oisive à l’hotêl, on part en quête d’une navette allant jusqu’à Cebollapampa. On ne s’est pas levé assez tôt. Par chance, un bus en provenance de Trujillo chargé d’étudiantes fait une pause provisions, ce qui nous donne l’occasion de forcer la main au chauffeur et de grimper dans le bus jusqu’à Cebollapampa (à l’intérieur du parc national), à 4200 mètres d’altitude.

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Malgré le panneau, les Péruviens nous accompagnant en bus jetaient leur détritus dans le parcPremière vision du parc: les lagunes, bleu électrique
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Vue de la vallée depuis Cebollapampa, point de départ de tous les Treks

La première portion doit se faire en voiture, via une route de terre. Le “bon conseil de l’hôtel” ayant qualifié l’excursion de tranquille, nous optons pour faire ces 12 kilomètres bonus à pieds, la fleur au fusil, histoire de se mettre en jambe. Si côté paysage, on ne sera pas déçu – la météo a eu la bonne idée de nous gratifier en soleil – on a été également bien servis côté physique.

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la vache n'a pas dû survivre au trek
17-P1150886Carpa, Matelas, et chocolat: 15 kg de bonheur20-P1150890lack of air at 4600m

A 4600 mètres, l’air se fait rare et la corniche est dangereuse en raison du vent et des pierres. Le sentier est quasi-invisible sur les images satellites, et la végétation perturbe notre avancée. Il est déjà 17H, le soleil tombe, et nous n’avons même pas rejoint le sentier “classique” censé nous amener au premier plateau (laguna 68) puis à la Laguna 69 où nous devions passer la nuit. Les falaises sont vertigineuses et bloquent notre redescente.

En bons français, nous gardons évidemment notre sang-froid: Après avoir crié aux lamas toute notre “considération” pour les bons conseils de l’hotelier, on se ressaisit et terminons par longer un ruisseau asséché, jusqu’à une lagune cachée. 18H, le froid tombe et nous planterons la tente au beau milieu des bouses de vaches.

23-P1150895Plantation de tente, sur la laguna25-P115090426-P1150908Panorama de nuit, à 18H45

A l’aurore, comme à l’aube, il n’y a personne: à ce moment là, je me dis que je commence à devenir adepte de montagne. Et dire que j’ai jamais planté la tente dans les pyrénées…

Elle est contente: elle a trouvé la sortie
Laguna 68: plus que 2H de marche
Le plateau des vachesLe sentier classique, à quelques mètres de la laguna 69

Une fois le sentier classique rejoint, le balisage est meilleur et moins de deux heures plus tard, nous rejoignons la laguna 69. Quelques photos par ci par là, on tombe en extase en scrutant le glacier massif qui alimente notre paysage en eaux glaciales, d’un bleu électrique.

Laguna 69Le fameux bleu électrique...
39-P115095340-P1150956Panneau fièrement mesuré par un Péruvien Sprinter, sans bien sûr notion de distance

Pour le retour à Cebollapampa, nous suivrons aussi les panneaux “Refugio, 1H30 de camineta”. On ne fume pas et marchons depuis 4 mois. Sur cette corniche, on remonte allègrement au dessus de 5000 mètres, et la mule qui transporte vivres & tente n’est autre que moi. Au final, il nous faudra 3 heures pour arriver au refuge, et encore deux heures pour retourner à Cebollapampa. Sacrés comiques, ces Péruviens !

On attaque la remontée vers le refuge, en passant sur l'autre flan de la vallée
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A 4800 mètres, un ange passe
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Les condors chassent
49-P1150988Le bisou bien mérité à 5000mPause au point le plus haut du Trekking, un peu au dessus de 5000 mètres
S'en suit passages de rocailles jusqu'au refuge
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Le plancher des lamas, à 4765mRedescente à Cebollapampa, sur fond de mules. On distingue le sentier sur lequel on a marché le jour précédent (en haut à droite), de l'autre côté de la Vallée
Quelques fleuves et cascades viennent agrémenter le parcours
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Le bilan est lourd: Plus de 40 kilomètres marchés en 30 heures, entre 4000 et 5000 mètres d’altitude avec 15 kilos de matériel sur le dos. Ouais.

 

Post-scriptum

Ce que vous voyez là est probablement moins d’un dixième de la beauté du parc. Certaines de nos rencontres restaient environ trois mois. Les meilleurs treks commencent à partir de quatre jours. Seule certitude, il faut du temps pour s’acclimater à l’altitude.

A noter aussi que nous avons gagné notre quiétude au prix de la clandestinité: Par pure motivation commerciale, les autorités gérant le parc national ont cédé à la pression des agences et il y a désormais obligation de réserver un tour (ce qui implique guide et troupeau de touristes) pour tout trek supérieur à deux jours. Le parc vous facturera aussi le droit d’entrée mensuel (70 Soles, 20€) au delà de 24H (coutant seulement 5 Soles). C’est parfois ça aussi le Pérou, mais relativisons un peu: la location de matériel n’est pas chère, le prix du logement est dérisoire (chambre double à 28 Soles). Si vous aimez un tantinet la montagne et avez envie d’ailleurs, foncez.

2 Responses

  1. Tom says:

    ça fait rêver…surtout quand il fait plus de 30 degrés en France…et que l’on peine(non pas à marcher) mais à dormir!Bisous les Loulous…enfin Mamourz :-D

  2. Guillaume says:

    Superbes paysages, les photos sont magiques. Ça donne envie de repartir! On vient de rentrer à Paris :) pour nous le voyage est fini mais on continuera à rever à travers votre blog. On attend avec impatience la Nouvelle Zélande. Have fun! Guillaume

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