Chronique d’un passage de frontière, entre Laos & Cambodge

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Scène courante dans la vie du Backpacker, le passage de frontière se passe avec plus ou moins d’encombres selon le moyen de transport emprunté: Aérien, maritime… ou routier. Nos conseils pour un plumage en douceur.

Des 4000 Îles jusqu’à Phnom Penh en passant par la corruption

Il est vrai que l’on aurait pu passer la frontière en descendant le long du Mekong, mais on a finalement choisi le bus international – les nombreuses arnaques ayant lieu auront eu raison de notre aventurisme.

En terminant les quatre mille îles de Si Phan Don, nous reprenons notre barque pour revenir au port de Nakasang.

Le bus “Sorya”, VIP coûte 29$ – une somme bien élevée pour un trajet de 10h de bus en Asie du Sud-Est.
Nous ne paierons pas pour un service premium, mais plutôt pour les petites mafias locales qui font main basse sur cette zone propice aux escroqueries. En avant pour la chronologie:

8h

Cette barque qui nous ramène à Nakasang coûte 20 000 Kips laotiens (environ 1,80€). Elle est au retour inclue dans nos prix de billets.

8h37

Le bateau est déjà arrivé, la balade agréable du retour n’a pris que trente minutes.
Nous sommes dirigés vers une agence de voyage doublé d’une épicerie/cahute à sandwiches où il nous faudra échanger notre reçu pour le billet de bus. Il ne passe qu’à 9H30, pile poil le temps pour commander un pti déjeuner…

Dans le doute, je reviens à la station de bus pour vérifier par mes propres moyens le tarif du billet pour Phnom Penh. 32$ avec l’autre compagnie (celle qui fait visiblement changer de bus à la frontière). Ouf, le budget est sauf…

Pour les formalités de passage à la frontière, un brave laotien propose d’éviter le trouble des visas, pour la modique somme de 30$. Le visa coûte officiellement 20$. Visiblement, il a du succès puisqu’il a déjà une trentaine de passeports sur les bras.

9H40

La bonne trentaine de touristes qui s’est amassée à l’agence de tourisme est emmennée par le patron… à la station de bus, à cinq minutes à pied de là. Le stop ptidéj paraît un peu forcé…

On attend finalement avec les autres touristes la venue du bus Sorya. Un vieux bus double étage, dont l’étage inférieur sera dédié à la charge de chou vert.

10H30

Le bus Sorya, qui attend coté Cambodgien

Arrivée à la frontière avec pour ferme objectif de ne payer que 20$.

Un type d’Europe de l’est a visiblement eu une fin de soirée difficile: Il est allé tamponner le visa cambodgien en premier (orné d’un tampon “USED”) avant que le douanier ne s’en rende compte – résultat, il a du repasser côté Laotien et parlementer en indiquant qu’il n’a même pas un dollar pour leur graisser la pate. Il offre sa chemise, sa carte de crédit, puis son oreiller de voyage…

Nos ambitions économes seront vite brisées: Sandra laisse le reste des Kips laotiens aux officiers, qui demande 20000 Kips pour poser un tampon de sortie du territoire. Le type traite d’abord la pile de passeports à 30$, avant de s’énerver et de fermer la fenêtre de sa cahute. Fait très amusant, la vitre est minuscule et à hauteur de nombril, histoire d’avoir à se rabaisser devant les officiels.

On a beau tergiverser, soit le passage nous prend trois plombes, soit on lache les dollars. On s’en sort pour 3$ + 6000 Kips à deux pour un pauvre tampon.

10H50

Sortie du No Man's land

Traversant le No Man’s Land, des escrocs déguisés en médecins tentent de nous rabattrent vers le “Medical Checkpoint”. On les ignorera pour filer direct au passage Cambodgien, où nous seront demandés $25 par tête. Oui, les officiels Cambodgiens ont besoin de ces 5$ extra pour le tampon d’entrée… Sandra me calme, j’ai fortement envie de protester.

Le poste Cambodgien

11H15

Le passage était plus facile que prévu, malgré le paiement de 7$ extra par tête. On s’en sort donc pour un total de 27$ par personne. Ca n’a l’air de rien, mais au Laos comme au Cambodge, c’est une confortable journée de voyage, logement inclus. Et probablement beaucoup plus que le salaire local !

Succès. Mais on est détroussé

Le bus Sorya nous a attendu, et ô surprise, des passagers continuent à embarquer. Baptiste entend une fille qui négocie pour 10€ le trajet jusqu’à Phnom Penh, soit la moitié de ce que nous payons. D’autres voyageurs sont venus en stop jusqu’à la frontière avant d’embarquer.

Moralité, les arnaques se sont plus portées sur le transport que sur le passeport: Il aurait mieux valu se rendre au poste frontière (pour 60 000 Kips, déjà trois frois le tarif de transport normal au Laos) et de négocier le bus après les formalités. En partant tôt le matin, on peut facilement attraper un bus en direction de Phnom Penh (ou de Stung Treng) à la frontière.

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Si le bus n’a rien de VIP (les toilettes sont bloquées, le Wifi promis ne fonctionne pas), il est climatisé et relativement confortable. Et contrairement aux arnaques lues sur internet, nous serons bien déposés dans le centre de Phnom Penh à 20H.

Ouf, il ne reste plus qu’à trouver une chambre.

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