Fin d’année 2013 solidaire à Phnom Penh

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Le dernier carnet de Sandra

Sandra entame son quatrième et ultime carnet de voyage, le blog aussi avec un peu beaucoup 6 mois de décalage. C’est fou ce que le temps passe vite… Nous avons donc voyagé vite entre le Sud du Laos et la capitale Cambodgienne. La raison de notre hâte : un rendez-vous avec un homme pas comme les autres.

Après avoir erré de nuit à la recherche d’un hébergement dans les rues de Phnom Penh, nous trouvons chaussure à notre pied, calé entre deux bars à “hôtesses”. Faut dire qu’à 22H30, on ne fait pas toujours la fine bouche…

 Rencontre avec le Cambodge

Jean-Luc vient nous récupérer à la station essence. Jean-Luc s’appelle aussi Tommy pour ses proches: sa femme Pannee d’origine Thaïlandaise. On se comprend, allez prononcer Jean-Luc (ou Romain) à l’international et vous serez fatigués de répéter dix fois… (Lucky Sandra). Bref, on a beaucoup à se dire. A l’origine, on ne le connaît même pas; c’est simplement une française en voyage au Vietnam (à Ninh Binh plus précisément) qui nous a parlé de sa vie, de ses engagements et de ses activités au Cambodge. Sous le patronage de Family Care Foundation, une ONG américaine, et aussi sous sa propre organisation (Side By Side Cambodia), Tommy a démarré avec un projet d’Orphelinat à Phnom Penh. Pour en savoir plus, rendez-vous sur son site.

C'est dégueulasse. L'Asian Development Bank IMG_3030 Tommy expliquant ses activités (longue liste...)IMG_3036 IMG_3035 IMG_3040

Une page histoire avec le musée S21

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Nous n’étions pas spécialistes du Cambodge avant notre passage. Un peu de lecture pour les nuls plus tard, on est choqués: comment oublier l’un des plus grand génocide du XXè siècle – 2 millions de morts et de profondes séquelles dans la société laissés par les Khmer Rouge et leur leader Pol Pot (le Dictateur malheureusement made in France). Tommy nous raconte qu’en 1999, Phnom Penh était toujours en proie aux derniers activistes Khmers Rouge : rapt et décapitations régulières de touriste ne rendaient pas vraiment la ville comment dire … attractive ? La situation a pourtant bien changé. Le pays est très rural, et aussi pauvre que bon nombre de pays d’Afrique sub-saharienne. Le musée S21, c’est à la base un lycée en centre-ville de Phnom Penh. Depuis la prise de pouvoir des Khmers rouges (entre 1975 et 1979), c’est devenu un centre de détention, de torture et d’extermination. L’ambiance qui y plane est nauséabonde, mais le passage y est obligatoire pour mieux comprendre le traumatisme du pays.

Bienvenue à S21, aujourd'hui musée, hier camp de terreurIMG_3086 IMG_3061 Le règlement interne de S21 La Potence Portaits de disparus torturés IMG_3071IMG_3072

Aujourd’hui, Tommy gère un autre projet sur l’île de Koh Rumdual sur la rivière Bassac. L’île portait depuis les années 70′ un nom beaucoup plus sinistre: Koh Koh (l’île de la mort). C’est là que nous irons: l’un des anciens “Killing Fields” [Champs de la mort] du régime, là où se passaient les exécutions massives du peuple Khmer à l’époque de régime autoritaire de Kampuchea. Mais juste avant, c’est l’occasion de passer un réveillon atypique, un dîner caritatif sympathique où enfin, on va pouvoir reprendre du poids tout en faisant connaissance avec les gamins-artistes qui animent le show

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L'entrée de l'Himawari, 4* Scooters by nightEt un cadeau pour Didine

Estrellita & Papa Noël What ?

Le buffet, plutôt sympathique IMG_3122 La Chorale Un repas mérité pour les artistes

25 décembre: direction Koh Rumdual

Très tôt le matin (à peine 22° celsius), on file retrouver Samut, l’employé de Tommy pour notre expédition TukTuk > Bateau > Marche jusqu’à Koh Rumdual. 30 kilomètres, c’est une heure de trajet, cela nous laisse le temps de faire connaissance et de comprendre la vie sur l’île. Au passage, de toute l’Asie du Sud-est les TukTuk ont vraiment la palme côté confort, sympathie et disponibilité. Par contre, je vous garantie pas les 5 étoiles au Crash Tests Euro NCAP.

Embarquement sur le "Ferry pour Koh Rumdual"

Une fois sur l’île, on y découvre les familles, l’école, notre hébergement (une cahute en bois sur pilotis, avec les petits qui jouent en dessous à l’heure de la récré !), et surprise… l’église ! Malgré une forte dominance buddhiste, une partie de la population a été convertie au catholicisme – probablement dû à ces Frenchys de colons. Ambiance Noël assurée, on est invités au repas, à discuter, puis à prendre le pli et le rythme local: ce sera sieste.

Koh Rumdual !

Notre Cahute "Volontaires", by night

Le prêtre, dans un sermon endiablé (ca avait l'air, en khmer)

Gamin de Koh Rumdual, à travers le plancher de notre cahute La Chambre

C’est ensuite le tour d’autres rencontres, qui vont nous aider à rendre cette semaine productive : M. Korn et le directeur de l’école. Ce dernier parle un français rouillé, et note encore les appréciations “TB, B, Passable” en rouge sur les copies en Khmer (!)

Puis c’est au tour de Sey, une jeune femme assez marrante qui a appris son anglais via les films en DVD piratés. Saluons tout de même la performance, sachant que l’électricité sur l’île a été amenée sous forme solaire, via locations de batteries qui sont rechargée pour 1/2 dollar à l’école. Sei vient nous chercher, et nous prépare les repas du soir – nous prendrons le déjeuner avec les élèves à 11H, et le petit déj nous-mêmes à l’aube (6H). Petit tour photo des activités:

Levée de drapeaux matinale Et 10 minutes de gymnastique !

Inventaire informatique, Cours d’Anglais en chansons, cours d’hygiène, Foot…

Cours d'anglais Installation de la salle informatique IMG_3226  Prof, le plus beau métier du monde IMG_3238
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Sei, notre guide dans l'île et sa famille

Football Machète... Nous passerons une petite semaine sur l’île, entrecoupée d’un week-end dédié à l’organisation d’un tournoi de volley-ball, à l’orphelinat Kolap 4, à Phnom Penh. Je vous réserve la vidéo pour le prochain billet…

A l’école

L’amplitude de classe d’âge est énorme: dans notre école primaire, les gamins ont de 5 à 13 ans.
On nous expliquera plus tard que la fille plus âgée (et la plus bosseuse) travaillait comme prostituée à Phnom Penh avant d’être récupérée par l’association FCCP sur l’île.

Plus loin, une autre petite aurait besoin de fringues neuves – elle n’a pas changé durant chaque jour que nous étions à l’école.
On dîne le soir en face de chez elle, et on comprend pourquoi. Sa maison, une bicoque pourrie où l’on fait du feu de bois à l’intérieur (bonjour les fumées), leur salle à manger étant dans le champ boueux qui sert aussi de terrain de jeu pour les poules, les chiens, etc.

Toujours dans la série des anecdotes, on apprendra également que sa petite sœur a été vendue par son père pour quelques milliers de dollars à une famille plus aisée. Probablement plus qu’il n’en gagnera jamais – seul problème, ce même père de famille a tout dilapidé aux jeux d’argent. Ils ont confectionné quelques bracelets qu’ils vendent aux volontaires, nous avons donné 2$ (à peu près dix fois sa valeur) avant qu’ils ne sautent au plafond – et nous couvrent d’une dizaine d’autres bracelets, ceux-là offerts !

Dans un contraste saisissant, on se lasse pas de voir des gamins qui n’ont rien vous donner le sourire chaque matin. Aux sons de “Helloooooooooo” répétés, criés, chantés, leur bonne humeur est clairement communicative. Au point où en classe, il y a clairement une discipline à faire respecter. Pour cela, le directeur est bien plus efficace que nous – à tous ceux qui ont des clichés sur les professeurs, je recommande l’expérience: C’est un métier !

Pour remercier les gamins d’avoir suivi à la lettre nos leçons augmentées par Youtube, on profite du passage à Phnom Penh le week-end pour leur préparer un petit classique à la Française: Des…. (vous avez trouvé ?)

Crêpes! 122 pour être exact

Mamour prend le relai crêpes
122... THE Record En avant la crêpe ! "Mais non, tu vas voir ca déchire !" IMG_3545 Helloooooooooooo !

Enfin, voici notre petite pierre à l’édifice, une fois les travaux terminés:

Sandra et son "livre pour volontaires", histoire d'aider les futurs à consigner leurs expériences à Koh Rumdual

Cours d'informatique, au premier étage L'espace bibliothèque / Tapis de jeux arrangé par Sandra Read me a story !

Encore chapeau à Jean-Luc pour son travail.

C’est en total dévouement qu’il s’investit depuis des dizaines d’années à ces projets, en se payant un salaire de Smicard. Et sans lui, ces communautés vivraient beaucoup, mais alors beaucoup moins bien.

Si vous recherchez un volontariat à l’étranger et ne savez pas par où commencer, contactez-nous et nous vous donnerons avec joie ses coordonnées - d’autant plus utile dans la jungle d’arnaques qui existent au Cambodge, croyez-moi. Entre les terres de recrutement (Europe, USA, Australie) et les lieux d’action (comme ici au Cambodge) les intermédiaires véreux pullulent. Je classe aussi dans ce paquet de chienlit les “agences de voyage” type STA Travel.
Ces derniers vous factureront des centaines d’euros par jour (avec profit) tandis que les associations sur le terrain récupèrent un modeste frais de fonctionnement pour couvrir leur frais (environ 20$/jour/tête).

Demain, 2014

Le lendemain, nous serons le 31 décembre, et le premier passé sans bonnets ni moufles, ni foie gras. Ce
qu’on ne savait pas encore, c’était le jour complètement délirant qui nous attendait pour terminer l’année…[A suivre].

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