Plus loin, plus fort, Plus haut : La Paz

La Paz y Illimani

“Aller plus haut” … Tina Arena résume bien notre passage à La Paz, la capitale politique de Bolivie.
Trêve musicale à part, cette ville est remarquable par tant d’aspects que je pourrais me lancer dans une liste à la Prévert:

  • C’est la capitale la plus haute du monde, à 3600 mètres au dessus du niveau de la mer
  • La Paz est riche en histoire, notamment politique : la Bolivie a subi plus de coups d’états que n’importe quel pays au monde, dixit le Guinness book
  • Les alentours de La Paz ? ils comptent les sommets parmi les plus hauts du monde et de la Cordillère Andine (Cerro Illimani), ou bien encore le Lago Titicaca.
    L’occasion pour nous de s’attaquer au Huayna Potosí, une montagne “pour débutants” à 6088 mètres d’altitude.

L’expédition

Depuis trois semaines nous sommes à plus de 2500 mètres, depuis la vallée Humahuaca en Argentine: notre acclimatation à l’altitude est donc plutôt bonne, même si le nuage de pollution qui entoure la “cuvette” de la capitale Bolivienne ne rappelle pas le bon air frais des alpages.

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Mais là, on ne parle plus de hauteur – on parle probablement du sommet de notre carrière alpine, ou plutôt d’andiniste. Le genre d’altitude qui s’écrit aussi en toutes lettres, six mille et quatre-vingt huit mètres, tel un chèque pour vous faire réaliser à quoi vous vous engagez. Le risque surtout,c’est le mal aigu des montagnes, dont wikipedia donne une définition explicite:

À une altitude très élevée, au-delà de 5 000 mètres, le mal peut se compliquer d’un œdème cérébral de haute altitude qui se caractérise par des modifications de l’humeur et du comportement, et/ou par des maux de tête insupportables. Des troubles de la vue et des vomissements en jets, précèdent le coma qui est fatal, si le malade n’est pas immédiatement redescendu à une altitude plus basse, ou mis immédiatement dans un caisson permettant d’augmenter la pression, appelé caisson hyperbare.

En résulte une visite de deux agences et le choix de la sécurité: L’expédition durera trois jours au lieu de deux (un jour d’entraînement intensif) et sera avec l’agence la plus chère (environ 120€), mais dégageant un sérieux médical inégalé. (“vous voulez faire le Huayna Potosi ?” – “oui”, “-vous êtes vraiment sûrs ?”, “oui:”, “-pourquoi vous voulez faire le Huayna Potosi ?”…)

Au final, ce choix -recommandé par Olivier Trouvé, notre autre guide du routard en Bolivie- aura payé, mais pas dans le sens que nous imaginions…. Séquence en image et en légende (que je vous invite à lire en panorama, en cliquant sur la première photo ci-dessous et en passant avec les flèches de votre clavier).

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Après avoir passé la plus froide et piteuse nuit de notre voyage-probablement plus aux toilettes que dans le lit- l’état des troupes au moment d’entamer l’ascension pour le Campo Alto (5400 mètres) était au plus bas. Sandra était allongée jusqu’à la dernière minute,j’ai mastiqué la moitié des feuilles de coca (censée donner vigueur et resistance a l’altitude) mais nous n’avons rien pu avaler.

Las, sans énergie, nous avons péniblement atteint les 4800 mètres avant de devoir faire demi-tour au refuge, et rentrer a La Paz le lendemain. ON REVIENDRA !

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Conclusion

La montagne, ça se gagne. On apprendra plus tard que parmi le groupe de 6 personnes,seul un (anglais) est arrivé au sommet…

La prochaine fois, on évitera de manger trop en altitude (surtout des viandes) et restera plus longtemps a La Paz histoire de s’acclimater un peu mieux. En tout cas, chapeau à notre guide et à l’agence, qui ne nous a pas vendu la cime mais l’aventure, et qui a été de très bons conseils du début à la fin.

 

La Paz, featuring Claudia

Ecrire au sujet de La Paz sans vous parler de Claudia, c’est comme une crêpe sans Nutella: sans saveur. C’est l’objet de ce deuxième épisode…

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Claudia est Bolivienne, une connaissance de deuxième degré (“l’amie d’une amie”) de Sandra qui nous a guidé dans la Paz dès le premier jour de notre arrivée.

D’une gentillesse exceptionnelle, elle a sacrifié son temps de pause déjeuner pour nous aider à trouver l’agence, aidé un groupe de français (clients de l’agence) a acheter et installer une carte SIM locale pour leur ascension, nous a gardé les affaires dont nous n’avions pas besoin chez elle, nous a amené et invité au restaurant et nous aura “éduqués” à l’histoire contemporaine de la Bolivie et de cette ville folle qu’est La Paz. Le tout, sans nous connaître, c’est vous dire…

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Grâce à elle, nous avons appris que jusqu’il y a encore deux ou trois ans, la prison la plus folle du pays [San Pedro] se “visitait”. Taguée par l’OTAN comme un des hauts lieux de production/vente de cocaïne, les visites ont cessé. Mais tout de même, une organisation “particulière” subsiste:

  • la famille du prisonnier vit bien souvent avec lui, dans la prison (même si en raison d’une épidémie de méningite, femmes & enfants étaient évacués durant notre passage)
  • à l’intérieur, c’est un vrai marché: immobilier (les plus riches vivent dans des “appartements” de luxe), de drogues… on y trouve aussi des restaurants, et les chefs de cartels font la loi – y compris pour mener leur activités illicites à l’extérieur, en Bolivie. Tout repose sur une intense corruption des gardes et policiers.

Si vous voulez lire une incroyable histoire vraie, je vous recommande de lire Marching Powder “  qui vous plongera au cœur de la vie de la prison.

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Bref, après cet épisode montagneux avorté, nous avons passé deux jours à visiter la ville, en compagnie d’un guide excentrique, histoire de parfaire l’image “Shocking Bolivia” que nous avions jusqu’à présent. Visite de la ville en images:

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Vous vous demanderez peut-être pourquoi l’on trouve des impacts d’arme à feu sur la place la plus connue du pays…
En 2003, lors du second mandat du président Américano-Bolivien Gonzalo Sanchez de Lozada, le pays se soulève massivement pour protester contre le président, et sa politique très controversée d’export de gaz. Deux raisons principales:

  1. Premièrement, il décide de favoriser un projet de pipeline via l’ennemi juré -le Chili-, qui a annexé au siècle passé l’accès à la mer Bolivien (et génère une amertume nationale profonde)
  2. De deux (dixit Claudia), les prix du gaz sont “valorisés” afin de financer des programmes d’éducation. Ce même gaz, jusqu’alors très bon marché, quasi-offert aux Boliviens. Ajoutez une impopularité dû à un nouvel impôt, et vous avez la recette d’une crise sans précédent.

La suite est écrite dans les livres d’histoires (ou Wikipedia). Elle a aussi fait l’objet d’un documentaire américain (“My brand is crisis”), qui raconte l’accession au pouvoir et la chute de Gonzalo Sanchez de Lozada.

Sans Transition, terminons par un peu d’humour Capillaire

Parce que si vous êtes arrivés jusqu’ici, il vous faut maintenant décompresser avant le prochain article :)

Avant…

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Pendant…

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Après…

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A bientôt, on attend vos commentaires (ou vos dons de cheveux) !

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5 Responses

    • Romain says:

      Salut les toulousains,merci pour le commentaire sympa.même si en ce moment on vous plaint pas,vous devez être aux Galapagos bande de veinards!
      Profitez bien de la route et n’oubliez pas vos bonbonnes d’oxygène pour vos ascensions en Bolivie…

  1. Sophie says:

    Hello! j’ai adooooore votre recit de l’ascension montagnarde. Je recois vos emails dans ma boite mail et c’est un petit rayon d’aventures a chaque fois. Merci!! Cela dit: dommage pour les cheveux Romain?! Y a-t-il des theories qui disent qu’on choppe moins souvent la tourista si on a les cheveux courts??

    A bientot,
    Sophie

    ps: dans le dernier email les images n’apparaissaient pas, juste des lignes de reference. Pas grave, c’a m’a permis de refaire un petit tour sur votre site et de relire certains de vos anciens billets ;)

    • Romain says:

      Hello London!

      Merci pour ton commentaire Sophie, ca fait plaisir de voir que l’on arrive à vous divertir un peu – sans ces retours, difficile de savoir.

      Côté tourista, tout va bien – bizarrement, on a réussi à passer le pays le moins hygiénique (La Bolivie) sans mauvaises surprises malgré des vaches entières mangées dans la rue (ah, les fameuses tripes). La nouvelle coupe a plutôt servi a effrayer enfants (et parents), et surtout à me les cailler à presque 4000 mètres d’altitude. Jamais autant apprécié le bonnet en poil de Lama & d’Alpaca…

      PS: on met parfois les photos via Picasa, ce qui accélère un peu le chargement des pages. En revanche l’inconvénient, c’est les liens qui apparaissent dans la version email. J’ai pas encore trouvé la parade, mais comme tu dis, ca draine du trafic sur le blog :D

      Un saludo grande

      PS2: Je pense parfois très fort aux fondues Suisses…

  2. annie says:

    Romain t’avait des cheveux !!!! :P jtrouve sa drole de voir tes anciennes photos avec des cheveux ! Vos photos sont vraiment belles ! Bonne continuation!

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